S’il est bien une chose admise par la communauté artistique ainsi que par ses nombreux fans, c’est que Bansky fait figure de véritable génie du street-art. Cette aura sans cesse grandissante est renforcée par le mystère qui l’entoure: personne ne sait qui est réellement Bansky! Partons à la découverte d’un artiste contemporain qui fascine autant par la nébuleuse qui entoure le personnage que par ses œuvres épiques, ses coups d’éclats rocambolesques et ses prises de position assumées.



Bansky, roi du street-art: portrait et évolution d’un homme invisible

Un grand parmi les grands

L’art urbain se veut résolument protéiforme et parfois inclassable, accessible au grand public et souvent éphémère. Ce mouvement artistique regroupe diverses disciplines telles que le graffiti, la mosaïque ou le pochoir. C’est d’ailleurs à partir de cette dernière technique que l’Anglais Bansky s’est fait connaître, au début des années 2000, bien qu’il ait d’abord initié ses compositions de street-art à main levée. Il est aujourd’hui considéré comme un artiste contemporain parmi les plus importants.

En 2007, Bansky est lauréat du prix du meilleur artiste anglais vivant (Art’s Greatest Living Briton) mais ne se rend pas à la cérémonie de récompense afin de préserver secrète son identité. D’ailleurs, il refuse toutes les interviews ou presque et passe par une agence, Pest control, afin de communiquer et de faire certifier la paternité de ses œuvres. Un an plus tard, l’œuvre Keep it spotless, réalisée en collaboration avec Damien Hirst, se vend pour 1,7 million de dollars chez Sotheby’s.



Bansky ménage



Des références françaises!

Bansky a fait du steet-art son mode d’expression en commençant à graffer avec le DryBreadZ Crew, un gang de sa ville natale. Notamment célèbre pour ses rats bombés sur les bâtiments urbains à l’aide de pochoirs, le créateur britannique n’a jamais dissimulé son inspiration puisée auprès d’un grand nom du street-art français, Xavier Prou, alias Blek le Rat.

Une question toujours sans réponse

Qui est Bansky, figure incontournable du street-art?

Très peu d’informations circulent sur l’artiste qui se cache derrière le pseudonyme Bansky. La plus éminente figure du street-art serait née en 1974, en Angleterre, à Bristol, berceau du courant musical trip-hop apparu au début des années 1990. À ce propos, une rumeur insistante stipulerait que Bansky serait en réalité le chanteur de la formation Massive Attack, Robert del Naja. Un journaliste aurait établi une corrélation entre les dates et les lieux de la tournée du groupe et l’apparition simultanée d’œuvres de Bansky sur les murs des villes traversées par le combo de la cité des bords de l’Avon…



Bansky cops



Un rapport conflictuel avec le marché de l’art

À travers le street-art qui constitue son terrain de jeu de prédilection, Bansky crée des œuvres engagées et controversées saupoudrées d’un décalage qui donne à réfléchir. Cet artiste atypique est également réputé pour ses prises de position sans concession vis-à-vis du marché de l’art et de ses mécanismes de fonctionnement financiers.

De faux billets de banque et des tableaux bradés

Banksy ne vend d’ailleurs jamais ses œuvres à travers des galeries d’art privées et ses coups d’éclat subversifs vont beaucoup plus loin. En 2004, par exemple, il imprime et distribue des faux billets de 10 livres à l’effigie de la Princesse Diana. Ceux-ci portent la mention Bansky of England!



Billet de banque Bansky



En 2013, en vue de dénoncer l’absurdité du marché de l’art et des prix hallucinants de certaines créations, il brade une vingtaine d’œuvres originales à un vendeur américain qui tient une échoppe à Central Park. La mise à prix est de 60 dollars pièce mais quelques toiles seulement partiront… Bansky aura ces paroles restées dans la légende: «Les imbéciles se battent pour acheter des œuvres à 200 000 euros, mais quand elles sont à la portée du plus grand nombre, cela n’intéresse plus personne.»

Chef-d’œuvre du street-art, la Petite Fille au ballon de Bansky s’autodétruit

En octobre 2018, Bansky défraie de nouveau la chronique lors d’une vente aux enchères organisée chez Sotheby’s, à Londres. Devant une assemblée médusée, l’œuvre intitulée La Petite Fille au ballon (Girl with balloon) s’auto-détruit partiellement. Elle vient juste d’être acquise pour la somme de 1,185 million d'euros!

Considérée comme l’œuvre préférée des Britanniques, ce graffiti est réalisé à l'aide d'un pochoir. Il montre une petite fille laissant s'envoler un ballon rouge en forme de cœur. Sa première déclinaison façon street-art serait apparue pour la première fois sur un pont de la South Bank à Londres en 2002.

Un parc d’attractions cauchemardesque

Bansky, c’est enfin une vision assez sinistre des contes de fée. Jugez-en plutôt: l’artiste a ouvert, pendant cinq semaines de l’année 2015, un parc d’attraction nommé Dismaland, en fait une véritable parodie des parcs  à thème, version cynique. Les visiteurs avaient ainsi le loisir de déambuler devant un manège de chevaux de bois pris d'assaut par un serial killer. Ils pouvaient aussi côtoyer une Cendrillon morte dans un accident de carrosse… 150 000 visiteurs s’en étaient réjoui, louant la vision anticonformiste d’un artiste contemporain aussi doué pour la communication et la défense des idées qui lui tiennent à cœur que pour l’expression d’un talent inimitable dans la sphère du street-art.



Bansky Dismaland



Voilà pour ce petit résumé de l’épopée de Bansky, artiste contemporain iconique qui n’a sans doute pas fini de faire parler de lui! Pour les nombreux fans, sachez que le maître du street-art vient d’ouvrir une boutique en ligne qui crée déjà le buzz. Attention cependant, le nombre d’articles disponibles à la vente est très restreint (œuvres en éditions limitées, t-shirts tagués, vieilles bombes de peinture, etc.) et vous devrez convaincre l’artiste afin d’obtenir le droit de vous procurer une de ses œuvres en édition limitée. Comment? Tout simplement en lui faisant parvenir une réflexion écrite sur le sujet suivant : «L’art est-il important?» À vos stylos! Et à très bientôt pour de nouvelles actualités dans le monde de la peinture, du dessin, de la sculpture et de la photographie d’obédience Art Moderne et Art Contemporain.